Filtre ND variable… 5


Mais quoi qu’est-ce encore que ce truc…

TAR_9479

Déjà, qu’est-ce qu’un filtre ND ?

Déjà, c’est un filtre (nooonnn !!! ;)), donc un dispositif optique qui vient se poser sur le devant de l’objectif. ND = Neutral Density, ou en français densité neutre, ce qui signifie que le filtre agis de manière égale sur toutes les composantes de la lumière, donc sans privilégier un ton en particulier.

TAR_9478

Ces filtres (ND2, ND4, ND8, ND16, etc…) permettent de diminuer la quantité de lumière qui arrive à l’objectif. Les deux cas d’utilisation les plus courants sont bien évidements liés à la lumière reçue.

Le premier cas d’utilisation est les poses longues. Sur une pose de 10-15 secondes, la lumière reçue en pleine journée est bien trop élevée pour nos APN. L’utilisation d’un filtre ND permet alors d’allonger le temps de pose sans forcément fermer le diaphragme à fond.

Le second cas est lorsque l’on cherche à garder une profondeur de champ minime malgré une forte lumière, comme par exemple dans un studio ou en plein été en extérieur. Ouvrir à F2.8 en plein été impose généralement de descendre à une vitesse d’ouverture de 1/4000 ou moins, ce que certains APN ne savent pas faire. Le filtre ND permet donc de maintenir une ouverture élevée sans titiller les limites de son APN.

Et le filtre ND variable ? Et bien c’est toujours un filtre de densité neutre dont la capacité à filtré la lumière est variable.

Alors forcément, c’est très pratique car un filtre ND variable chinois à 30 euros permet de remplacer toute votre collection de filtre ND à 15 euros pièces.

Idéal ??? Pas forcément… En furetant sur différents forums, il apparaît que le filtre ND variable accessible au commun des mortels (donc pas à 240 € LE filtre !!!!!) est généralement de moins bonne qualité qu’un filtre ND simple.

Est-ce vrai ? Si oui, est-ce que c’est si terrible que ça ? Et pourquoi ?

Etant donné qu’il y a relativement peu de tests sur le net, j’ai pris le parti d’en faire un petit avec mes moyens.

J’ai donc utilisé mon K20d et mon meilleur objectif à ce jour, un 50-135 F2.8 DA* de chez Pentax. J’ai acheté un filtre ND variable chinois sur le net à 30 euros.

Mais avant de commencer avec les tests, comment fonctionne un filtre ND variable ?

Si le filtre ND simple est un « simple » verre opacifié, le filtre ND variable est composé de deux filtres polarisants. Pourquoi deux et bien tout simplement que si vous vous souvenez de vos cours de physique, en polarisant une lumière, on autorise la lumière à passer dans une sorte de « fente ». Si l’onde de la lumière n’est pas dans le sens de la fente, l’onde de la lumière est réduite et seule l’onde qui était suffisamment « droite » passe.

Donc en mettant deux filtres polarisant l’un après l’autre, on a deux cas extrêmes:

– les fentes sont alignées et la lumière qui passe l’un passe l’autre sans aucune atténuation

– les fentes sont perpendiculaires et la lumière qui passe l’une des fentes ne passe forcément pas l’autre, donc 0 lumière.

Le filtre ND variable repose sur ce phénomène optique et permet, via ces deux filtres polarisants, de faire varier la lumière de (presque) tout, à presque plus rien.

« Ok donc pour la théorie ! Et en pratique ? »

Et bien comme « en théorie la pratique c’est comme la théorie, mais en pratique… » et bien il y a des inconvénients à utiliser ce genre de filtre par rapport à un filtre ND.

En premier lieu, il faut garder que plus on utilise d’éléments optiques, plus on risque de détériorer l’image. Dans le cas d’un filtre ND bas de gamme, on risque de le détériorer une fois. Avec un filtre ND variable bas de gamme, composé de deux éléments, et bien on risque de le détériorer deux fois.

Et ça se voit !

Comme dit plus haut, j’ai pris un de mes objectifs qui a un des meilleurs piqué. Pour faire mes tests, j’ai pris une des têtes à coiffer de mes filles avec plein de cheveux (donc pleins de détails fins !). La photo suivante est mon image de référence, donc sans filtre.

TAR_9473 full

Et voici les trois photos que j’ai pris à plusieurs niveau d’opacité du filtre,en ayant effectué les corrections d’exposition idoines:

A première vue, on ne voit pas tellement où se situe la différence….

Mais si je vous le dis ????

Les trois derniers clichés ne vous donnent pas une impression de flou ??? Si…

Regardons de plus prêt…

Mon image de référence, retaillée à 100%:

TAR_9473 oeil

Et maintenant, une image de la série, retaillée là aussi à 100% sur la même zone:

TAR_9469 oeil

« Ha bah oui… vu comme ça… »

Tous les éléments « fins » manquent de netteté, semblent baver… Les cheveux ne sont pas nets, les cils non plus et les contours de l’iris sont moins nets.

Donc clairement, quand on utilise un filtre ND variable, on perd quand même pas mal de piqué.

Pour être très franc, ce n’est pas bien méchant si on cherche à faire un flou de cascade, mais pour du portrait en studio, c’est déjà plus préjudiciable.

Et sinon ? Vous n’avez rien vu de plus ?

Non ???? Aller… Je vous aide… c’est plus simple en haut à gauche de mon image…

La gestion des couleurs !!!!!!!

Généralement, il est bien rare qu’un élément optique soit complètement neutre. Son impact sur les couleurs est toujours voulu comme étant le plus minime possible mais en utilisant des filtres « Made in China », le minima n’est pas forcément si minime que ça et il s’avère que ces filtres impactent sur les couleurs, en appliquant une teinte légèrement orange. Enfin… ça c’est ce que j’ai lu sur les forums parce que dans la vrai vie, quand on a laissé la balance des blancs en AUTO et bah… c’est pas trop visible…

Mais j’ai quand même tenu à vérifier. Donc passage en balance manuelle, et zhou sous photoshop pour travailler sur une exposition similaire sur mes deux clichés (outils exposition et pipette « point blanc ») et un petit coup de pipette pour prélever la couleur sur chacun des clichés et en relever leur codage RGB ou RVB en français.

RGB = Red Green Blue (RVB = Rouge Vert Bleu)

Ce codage informatique permet de composer toutes les couleurs du spectre visible à partir de leur composante rouge, verte et bleu, en lui posant un « poids » de 0 à 255 (8 bits). Chacune des couleurs générée est ainsi composée d’un poids de 0 à 255 pour le rouge, de 0 à 255 pour le vert et de 0 à 255 pour le bleu, créant ainsi un panel de 16 777 216 couleurs (2^24) possibles.

J’ai donc relevé sur mes échantillons les valeurs qui étaient données:

Echantillon sans filtre:

RGB = 254, 252, 219

TAR_9473 blanc

 Echantillon avec filtre:

RGB = 254, 243, 205

TAR_9471 blanc

Soit un différentiel RGB de 0 -9 -14.

Et devinez à quoi correspond cette couleur…

complémentUn léger bleu clair… Donc partant de là, le bleu est donc la couleur qui sera le plus filtré, et comme la couleur complémentaire du bleu, c’est le orange, les photos recevront une légère teinte orange supplémentaire, ce qui se voit un peu à l’oeil nu sur les deux clichés.

Bon… Et maintenant ????

Et bien je vais pense que je vais avoir le droit d’acheter quelques filtre ND (genre ND2, ND4 et ND8) pour toute les photos à enjeux (mariage, baptême, etc.) et le studio histoire de maximiser la qualité des photos, mais pour tout le reste (flouté d’eau, light painting, etc.), ce filtre va être le compagnon incontournable de ma sacoche !


Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

5 commentaires sur “Filtre ND variable…