La taille d’un objectif, qualité ou fumisterie ???


Comme vous le savez tous, j’aime beaucoup m’intéresser à la technique et j’aime choisir des objectifs un tant soit peu qualitatifs. Mais comment choisir un objectif ? Est-ce qu’il faut systématiquement prendre un objectif gros pour avoir de la qualité, avec une lentille de 72mm ou plus ?

Regardons de plus prêt la construction d’un objectif ici un Tamron 28-80 F3.5-5.6 que j’ai intégralement démonté pour l’occasion.

Pour rappel, un des critères de choix quand on achète un objectif est son ouverture, exprimé en F. Plus le chiffre est faible, plus l’ouverture maximale est grande et donc plus l’objectif est lumineux. Un objectif lumineux se caractérise souvent par des lentilles de forts diamètre. Il serait donc légitime de pense que grosse lentille = grosse qualité !

L’ouverture (N) se caractérise par le rapport entre le distance focale (f) et le diamètre de la lentille d’entrée (d): N = f/d

Sur l’objectif visé ici, l’ouverture maximale à 28mm est F3.5. Donc, pour calculer d, on a la formule d = f/N.

Cela donne que la lentille d’entrée doit donc faire : 28/3.5 = 8mm

8mm pour la lentille d’entrée à 28mm… Faisons la même chose à 80mm et donc F5.6: d= f/N = 80 / 5.6 = 14.28mm

On est bien loin des 58mm de la lentille d’entrée de l’objectif.

Pourquoi cette différence ? Parce que le calcul de l’ouverture se fait dans le cas d’un objectif qui ne serait composé que d’une seule lentille et non tout un ensemble comme c’est le cas avec nos objectifs. Il faudrait donc simplifier l’objectif à une seule lentille pour que cela soit valable.

Par commodité, on considère que le diamètre qui est important au final est le diamètre du diaphragme. Pour avoir démonté cet objectif, le diaphragme fait, à pleine ouverture, 17mm. La lentille frontale de cet objectif agit uniquement comme une loupe, pas grand chose de plus. Toute la qualité de l’optique repose principalement sur la lentille positionnée au plus prêt du diaphragme, puisque qu’au final, toute la lumière qui passe par les 58mm de la lentille frontale doit passer par les 17mm du diaphragme. Cela veut aussi dire que le constructeur aurait très bien pu choisir une lentille frontale beaucoup plus petite. Après tout, il aurait très bien pu modifier sa formule optique pour avoir une lentille d’entrée plus petite (c’est si simple de modifier une formule optique 🙂 ).

On remarque aussi bien souvent que les objectifs à focale fixe sont généralement moins encombrants que les zooms alors qu’ils sont reconnus comme de meilleur qualité. Pourquoi ?

Tout simplement parce que les zooms nécessitent des formules optiques plus complexes. Avoir une focale fixe, c’est devoir gérer les déformations d’une seule focale, avoir un zoom, c’est devoir gérer n longueurs de focales différentes. Pour le coup, il est plus « simple » d’avoir un objectif de qualité sur une focale fixe que sur un zoom. La complexité de la formule des zoom force les constructeurs à avoir des lentilles assez conséquentes et rajoute donc du poids à l’ensemble. Un exemple typique est par exemple le 50-500 de chez sigma qui avoisine quand même les 5kg alors qu’une focale fixe de 560mm chez pentax ne dépasse guère les 3kg.

A propos de ce 560mm:

d=f/N = 560/5.6 = 100

Pour un filtre de 112mm, ils ont fait juste, mais suffisant.

Tout ça pour dire que grossièrement, la taille de la lentille d’entrée d’indique en rien un objectif de qualité. C’est juste plus flatteur, rien de plus. Il ne faut donc pas systématiquement se ruer sur les objectifs flatteurs, au risque de se retrouver avec la qualité d’un cul de bouteille, tout comme il ne faut pas non plus délaisser les objectifs à petites lentilles.

Et oui, c’est un peu comme pour les voitures, grosse lentille, petite… 😉

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *