Raw ? Jpeg ? oui moi aussi mais pas le samedi !


Il a certains de mes amis talentueux que je tanne assez régulièrement pour qu’ils utilisent « enfin » le RAW et qu’ils lachent se foutu jpeg, mais ils ont un peu de mal et j’avoue que ça m’agace  un peu.

Je vais donc essayer d’expliquer noir sur blanc pourquoi il est préférable d’utiliser du RAW et non du JPEG quand on est un photographe talentueux.

Mais avant tout, qu’est-ce que le RAW, et qu’est-ce que le JPEG ?

Le JPEG.

C’est un format de fichier apparu dans les années 1990 basé sur un algorithme assez puissant permettant de compresser AVEC pertes d’informations les images. Un des principaux défaut du jpeg est cette compression. A une époque lointaine (oui, je suis vieux), il n’était pas possible de faire circuler, même sur des moyens physiques, de photographies de plus de 100-200 ko là où aujourd’hui on partage facilement des photos de 1 à 2 Mo. De ce fait, on utilisait des taux de compressions assez élevés, dégradant de manière sensible les images. C’était un des seuls moyens de faire transiter des images dans des délais raisonnables. Actuellement, avec des taux de qualité JPEG de 80 ou 90%, la perte de qualité est minime et on peut facilement contenter n’importe qui, surtout que nos moyens de stockage et de transmission d’information ont largement évolué (qui prend le temps de regarder la taille d’une photo en la publiant sur Facebook ???)

Différence de qualité en JPG

Différence de qualité en JPEG

Et le RAW  ?

Et bien le RAW, ou plus exactement LES RAW puisque chaque constructeur fait son propre RAW, est un format de fichier brut extrait directement depuis le capteur de votre APN, sans passer par un processeur de traitement. Le processeur qui généralement fait un boulot d’optimisation de l’image et de compression est complètement mis de côté. Les données étant brutes, il n’y a aucune compression et les photos font rapidement une taille impressionnante. Elles sont d’autant plus grosses qu’elles contiennent plus d’informations que le JPEG. On parle d’encodage sur X bits. Un jpeg encode sur 8 bits, ce qui signifie que sur une des composantes RVB (Rouge Vert Bleu), on trouve 2^8 (soit 256) variations de couleur. Sur un RAW, on encode sur 12 ou 14 bits, soit 4096 ou 16384 variations de couleurs. Autant dire beaucoup plus que le JPEG.

schéma simple de représentation de la finesse des niveaux entre RAW (haut) et JPG (bas)

schéma simple de représentation de la finesse des niveaux entre RAW (haut) et JPG (bas)

Alors pourquoi utiliser l’un ou l’autre

…et surtout quand utiliser l’un ou l’autre ?

Et bien c’est relativement simple, il faut se poser la question de ce que vous voulez et de ce que vous êtes prêt à sacrifier.

Oui oui… sacrifier…

Grossièrement, avec du JPEG, sur une relativement grosse carte de 32Go, vous mettrez sans trop de difficulté entre 8000 et 10000 photos. De quoi partir assez tranquillement en vacances sans vous prendre la tête. Avec du RAW, vous n’en mettrez que difficilement plus de 600/700 sur la même carte, ce qui, il faut être honnête, est assez peu au regard du photographe compulsif que je peux être. Cela signifie qu’il faut être en mesure de prendre le temps de décharger chaque soir sa carte sur un ordinateur ou alors d’avoir une multitudes de cartes.

Il faudra aussi sacrifier votre temps. Quand on développe une photo en RAW, il faut un logiciel dédié et ce développement est TRES long et très gourmand en ressources machines. Plus la résolution est grande, plus le temps de « déRAWtisation » est élevé et plus votre machine sera mise à rude épreuve. Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai un « petit »  I7 avec 16 Go de RAM  et  personnellement, je ne trouve pas que ça soit de trop 🙂

A propos de logiciel dédié, il ne faut pas non plus chercher à faire dans l’économique. Il y a quelques grands ténors de déRAWtisation, à savoir LightRoom ou DxO par exemple. Ces logiciels possèdent bien évidement d’autres fonctionnalités mais leur fonction première est de convertir ce format impubliable en un format plus accessible.

Tout cela nécessite donc du temps à passer mais permet d’avoir beaucoup plus de finesse de traitement.

Mais la finesse, on l’a où ?

Et bien si on reprend l’échelle de gris un peu plus haut, on voit que l’on peut avoir plus de liberté sur les cas un peu « extrêmes » de lumière, à savoir des lumières trop claires ou trop foncées.

« Gné ??? Qu’est-ce qu’il dit le monsieur ??? »

Prenons un exemple. On constate sur la photo ci-dessous que sur l’originale, le ciel est presque cramé. En appliquant le même traitement sur le RAW et le JPEG, on voit une différence de qualité sur les dégradés du ciel. Cela vient du manque de précision sur les niveaux du JPEG. Presque entièrement récupéré sur le RAW, moche et dégradé sur le JPEG.

TARC7995full

Je pourrais prendre le même exemple avec du sombre, mais j’imagine que vous avez compris le principe.

La balance des blancs:

Un autre avantage du RAW est qu’il enregistre les informations de balance des blancs comme une information « tierce », donc en plus de la photo alors que le JPEG considère la balance des blancs comme véritable composante de l’image.

Dit comme ça, une chance sur deux que vous n’ayez pas compris 🙂

Dans les faits, cela se traduit comment ?

Et bien j’ai fait un cliché avec une balance des blancs complètement inadaptée enregistré en RAW+JPEG.

Voici la photo en « sortie de boitier »:

TARC85972

Balance des blancs en mode « tungstène » alors que j’étais en lumière du jour. Le résultat est donc bleu, c’est normal. Maintenant le but du jeux c’est de corriger la balance des blancs avec le même outils, ici LightRoom. J’ai échantillonné la même zone comme blanc de référence. Voici le résultat:

TARC8597full

Premier constat, les couleurs sont « passées » sur le JPEG alors que relativement pêchues sur le RAW. Mais ne remarquez vous rien de plus ???

Je vous aide, c’est sur le quart bas gauche que ça se passe:

On va zoomer que je vous montre un peu plus en détail:

TARC8597crop

Les couleurs du JPEG sont bleutées. Et bien oui, comme la balance des blancs « tungstène » bleute l’image, quand la balance des blancs fait partie intégrante de l’image, il y aura forcément des zones qui seront plus bleues que d’autres même après correction. Sur le RAW, la balance des blancs est une données stockée à part, donc l’image d’origine reste inchangée, permettant ainsi de récupérer les VRAI couleurs.

Alors vous me direz, vous, grands maîtres et dieux de Photoshop, que ça se rattrape, et vous aurez raison. Sauf que le JPEG c’est fait pour aller vite au résultat, donc si on doit passer 3h en post-traitement pour récupérer juste la balance des blancs, il faut peut être revoir ses choix 🙂

Donc pour faire simple, quand le JPEG, quand le RAW ?

JPEG ==> résultats immédiatement exploitables, mais qualité limité et post traitement limité ==> photos de vacances ou soirée entre amis

RAW ==> résultats de qualité, traitements de qualité mais longs et photo inexploitable en l’état ==> photos d’art

A vous maintenant de faire le choix de la qualité ou de la facilité !

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