« Un objectif au piqué exceptionnel ! »


Vous avez très certainement déjà entendu cela un jour ou l’autre, sur des forums, des groupes FB, des magazines spécialisés ou même ici où j’en ai déjà parlé, mais au final, le piqué d’un objectif, c’est quoi ? Et ça sert à quoi ?

Alors, pour faire court, le piqué d’un objectif est sa capacité à produire des images détaillées et nettes. Plus un objectif a de piqué, plus on pourra produire une image avec des détails fins.

C’est quelque chose que je cherche particulièrement quand je fais de la macro par exemple. C’est déjà relativement compliqué d’avoir des images propres, alors imaginez un peu si l’image était floue / baveuse. Cela étant, un objectif « doux » est aussi apprécié par exemple sur les portraits, histoire de donner justement un peu de douceur à l’image. Le choix d’avoir une image douce ou dure est à l’appréciation du photographe.

Et donc, à quoi ça ressemble ?

Voici deux crop à 100% de photos. Une est prise avec un dispositif avec un piqué convenable, l’autre est prise avec un dispositif avec un piqué moyen.

TAR_9473 oeil

TAR_9471 oeil

Si la différence saute aux yeux (et encore !) sur un crop à 100%, ça n’est pas vraiment le cas sur l’image en « normale ».

TAR_9473 full

TAR_9471 full

Alors pourquoi apporter autant d’importance à ce piqué ? Pour moi, il y a deux raisons. La première, et la moins louable, est qu’il y a un effet de mode. Tous le monde veut des objectifs qui piquent. Faut que ça pique, tout le temps, tout le temps… A une époque, cela devait être doux, maintenant ça pique…

La deuxième est surtout qu’avec le numérique, il est très simple de faire en sorte qu’un objectif qui pique ne pique plus, mais pas vraiment l’inverse. Il est donc légitime de chercher un objectif qui pique.

Maintenant, qu’est-ce qui fait qu’un objectif pique, ou ne pique pas ?

La première chose qui fait qu’une image pique, ou pas, est sa constitution optique. Les matériaux utilisés, la formule optique influent sur le piqué. Un objectif qui va diffracter un peu violemment va créer naturellement un piqué plus doux car tous les rayons lumineux ne vont pas atterrir exactement au même endroit, et donc créer une image un peu plus doux.

Un autre facteur qui va influer est la « finesse » des lentilles. Une lentille, quand elle est usinée, est polie, polie, polie… jusqu’à ce que la surface soit la plus lisse possible. Mais cette surface n’est jamais lisse.

« Comment ça c’est jamais lisse ??? Quand je regarde ma lentille, c’est lisse ! »

Oui, c’est lisse… ou en tout cas c’est suffisament lisse pour que votre oeil ne voit pas que ce n’est pas lisse. Si on va regarder plus pret, BEAUCOUP plus pret, on s’apperçoit qu’un lentille N’EST PAS lisse.

J’ai demandé à passer une lentille quelconque à un microscope électronique à balayage (oui monsieur, rien que ça !) pour observer la surface de cette lentille.

Bon, il semblerait que Mark IRLE (le directeur des recherches de l’Ecole Supérieure du Bois) ait eu pas mal de difficultés à faire la mise au point (normal en même temps) sur la surface de la lentille. Il a été obligé de faire la MAP sur une poussière.

Regardons un peu ce que cela donne:

Vous observez que la surface semble à la fois granuleuse et qu’il y a des semblants de trace. Le granuleux, c’est l’état de surface de la lentille qui n’est pas si lisse que cela. Vous observez également des « traces » étranges qui semblent être des restes de nettoyage chimique.

Comme toute imperfection de la lentille perturbe la lumière, ces imperfections vont nuirent au piqué de votre objectif. Un objectif qui a un bon piqué a donc nécessairement des lentilles de bonnes qualités. Et qui dit bonne qualité, dit cher…

Ha bah oui… c’est con… mais si vous cherchez des objectifs avec un excellent piqué, il va falloir y mettre le prix !

Aller, en cadeau, la photo d’une micro rayure sur un objectif:lense rim_1

Je vous jure que « ça », c’est une micro rayure !!!

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