Le triangle de l’exposition


Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je voulais vous présenter un article surtout destiné aux débutants. Alors oui, nous sommes tous des débutants, mais là je parle principalement des gens qui disposent d’un reflex, ou plus généralement de tout appareil photo qui sait gérer des paramètres de prise de vue manuellement, et qui sont bloqués sur le mode « Auto ». Oui, désolé, j’exclu de fait tous les possesseurs d’appareils photo HelloKitty 🙂

Quand on prend une photographie, on espère généralement que ça photo sera « belle » ou en tout cas correctement exposée. Le problème généralement pour un débutant est de savoir ce qu’il cherche comme résultat tout en comprenant l’impact sur les autres paramètres.

C’est là qu’intervient le « triangle de l’exposition » qu’il va falloir comprendre, mais surtout qu’il faut garder en tête.

Ce qu’il faut garder en tête, c’est que plus ce triangle sera grand, plus vous aurez de lumière sur votre photo. Si vous désirez moins de lumière, il faudra donc diminuer tel ou tel paramètre en fonction de vos souhaits.

Ce triangle repose sur trois paramètres photographiques que vous DEVEZ absolument comprendre pour faire une photographie autrement qu’en mode automatique.

La vitesse

La vitesse est le paramètre le plus simple à appréhender. Nos appareils actuels sont généralement en mesure d’avoir des temps d’exposition (ou temps de pose) qui varient entre 1/4000 de secondes et 30 secondes.

Si votre capteur est exposé pendant 1/100 de secondes, il recevra nécessairement moins de lumière que s’il est exposé pendant 5 secondes. Donc plus vous allez exposer longtemps, plus vous aller avoir une image lumineuse, mais plus vous aurez une image qui risque d’avoir du flou de bougé ! Pendant 1/100 de seconde, un vélo n’a pas le temps de faire beaucoup de distance devant votre appareil photo, pendant 5 secondes… il a le temps de sortir de votre cadre.

Pour votre culture, voici ce qui se passe lorsque l’on appuie sur le déclencheur:

Pour info, éviter de faire ça avec votre reflex, sauf si vous voulez de la poussière sur votre capteur !

Voici un petit exemple de ce que donne la vitesse sur un petit goodizzzzz publicitaire (ouais ! ça bouge ! c’est fun 😉 ). J’ai laissé mon reflex gérer les autres paramètres.

TARC0975

Temps de pose: 1s C’est flou !!!

TARC0976

Temps de pose: 1/160s C’est nettement moins flou !

Pour vous montrer l’impact que le changement de vitesse peu avoir sur la luminosité, voici trois clichés pris en mode « manuel », où je n’ai fait QUE changer la vitesse:

TARC0977

Temps de pose: 1s

TARC0978

Temps de pose: 1/5s

TARC0979

Temps de pose: 1/50s

Donc pour faire synthétique:

Temps court = lumière faible + image figée

Temps long = lumière forte + image floue

Il convient donc de faire varier ce paramètre en fonction de ce que vous voulez faire. Quand on est sur un événement sportif, un temps court est nécessaire (ex: 1/400), quand on est sur un portrait posé, on peu à l’inverse se permettre des temps de pose plus modeste (ex:1/60)

La sensibilité

La sensibilité est un paramètre que l’on exprime le plus souvent avec le terme ISO (100 iso, 200 iso, 400 iso, etc.). Nos appareils actuels sont en mesure de supporter des niveaux de sensibilité de plus en plus extrêmes. Il y a encore quelques années, quand on parlait d’un capteur qui allait à 6400 iso, c’était… Whouaaaaa ! Maintenant, on tape facilement sur des 128 000 iso.

Cette sensibilité désigne la capacité d’un capteur à détecter la lumière, un peu comme un bouton poussoir sur lequel il faudrait appuyer plus ou moins fort en fonction de sa sensibilité pour voir qu’on a appuyé dessus. Donc il serait facile de se dire qu’avoir un capteur super sensible est génial ! Oui, c’est vrai, sauf que plus un capteur est sensible, plus on voit apparaitre la notion de parasites.

Un capteur est composé de millions de « photosites » qui sont autant d’éléments détectant la lumière, et donc autant de « boutons poussoirs » mis les un à côté des autres. Imaginez donc un plateau avec des millions de bouton poussoir d’un millimètre et vous, avec votre doigt de lumière, qui va chercher à appuyer sur UN bouton. Avec votre gros doigt, vous risquez d’appuyer un peu sur les autres. Si les boutons ne sont pas trop sensibles, ça ne se verra pas, par contre, s’ils le sont, les boutons vont croire qu’ils ont été appuyés et donc renvoyer de fausses informations.

C’est la même choses avec les photosites. Quand la lumière vient frapper le photosite, ce dernier envoie diffuse malgré lui une parti de la lumière aux photosites adjacents. C’est ce que l’on appel du bruit numérique.

Voila ce que cela donne toujours sur mon petit bonhomme:

100 ISO

TARC0980-2

Image non retaillée

TARC0980

Zoom sur la main

51200 ISO

TARC0982-2

Image non retaillée. Notez la dominance rouge

TARC0982

Zoom sur la main. Le bruit est très présent

Là aussi, pour faire ces tests, j’ai laissé mon reflex faire ce qu’il voulait et je n’influais QUE sur le réglage de la sensibilité.

Si je gère tout en manuel et que je change la sensibilité, on a quelque chose comme cela:

TARC0986

100 ISO. Propre, mais sous exposé

TARC0984

400 ISO. Un peu moins propre, mais exposé correctement

TARC0985

800 ISO. Sur exposée et moins propre

Donc, pour faire synthétique:

Iso faible =lumière faible + image propre

Iso fort = lumière forte + image bruitée

Nos capteurs récents gèrent de mieux en mieux ce genre de choses, mais ce n’est pas encore parfait. Donc moins vous aurez de lumière, plus vous serez obliger de monter en sensibilité mais plus vous aurez de bruit numérique sur vos photos. Pour des photos d’urbex, ça n’est pas trop gênant, quand c’est pour un portrait…. bof bof…

L’ouverture

Celle là je la garde pour la fin 🙂

Non, ce n’est pas la plus chiante, mais c’est surtout la moins facile à appréhender.

L’ouverture, exprime en « F » ou « F stop » est une valeur qui indique quelle quantité de lumière votre OPTIQUE va laisser passer. Elle est calculée par le rapport de la longueur de focale sur le diamètre du diaphragme. Le diaphragme, c’est cet iris dans votre objectif. Plus cet iris est ouvert, plus il va laisser passer de lumière, donc à l’inverse, plus il est petit, moins il en laissera passer. La subtilité, c’est que plus l’ouverture est grand ouvert, plus le rapport entre la longueur de la focale et le diamètre de l’iris va diminuer.

Ex:

– un 50mm avec un iris ouvert à 5mm fera une ouverture de 50/5 = F10

– un 50mm avec un iris ouvert à 35mm fera une ouverture de 50/35 = F1.4

Donc là aussi, on serait tenté de penser qu’il faut mettre l’iris grand ouvert puisque ça permet d’avoir plus de lumière. Vrai ! Sauf qu’il y a une contrepartie. La contrepartie, c’est la profondeur de champ. Plus vous aller « ouvrir » (comprendre ouvrir l’iris / diaphragme), plus vous aller diminuer la profondeur de champ, la profondeur de champ étant la distance sur laquelle votre sujet est net. Donc si vous voulez voir l’arrière plan avec votre sujet principal, il faudra fermer votre diaphragme (donc augmenter le F) et donc perdre de la lumière. Si au contraire vous voulez flouter l’arrière plan, il faudra ouvrir votre diaphragme (donc diminuer le F) et donc gagner plus de lumière.

Toujours mon goodizzzz mais accompagné d’un goodizzzz canard en plastique cette fois-ci !

TARC0968

50mm à F2.8. La Profondeur de champ est faible

TARC0969

50mm à F18. La profondeur de champ est élevée

Bien évidement, je ne me suis pas amusé à rajouter du flou, ce sont des photos directement issues de l’exportation en RAW sans retouches.

Et pour finir, voici ce que ça donne si je passe en manuel, sans laisser le calculateur faire son travail de compensation:

TARC0971

Temps de pose: 0.5s Ouverture: F9

TARC0973

Temps de pose: 0.5s Ouverture: F22

Donc, pour faire synthétique:

Ouverture grande (donc F petit) = lumière forte + profondeur de champ courte

Ouverture faible (donc F grand) = lumière faible + profondeur de champ

Le triangle

Pour le coup, cela donne quelque chose comme ça:

triangle

 

Imprimez le, gardez le sur vous, mais vous commencez à comprendre que plus vous irez sur des valeurs de sensibilité forte, de vitesse longue et d’ouverture grande, plus vous aurez de lumière. Mais si vous êtes dans des conditions lumineuses peu propices, il faudra peut être faire des choix et / ou sacrifier quelques paramètres.

Quand faire quoi ?

Et bien là… c’est votre expérience qui fera la différence. Mon conseil, c’est de porter votre attention sur la vitesse et l’ouverture, et ne de pas (trop) vous soucier de la sensibilité.

Donc en fonction de ce que vous aller faire, choisissez le mode priorité ouverture (Av) ou priorité vitesse (Tv).

Vous voulez figer l’instant ? Mode Tv, temps très court et laissez votre calculateur décider du reste, il est là pour ça !

Vous voulez un portrait doux sans être gêné par l’arrière plan ? Mode Av, ouverture la plus grande possible, donc F le plus petit possible, et idem, on laisse faire le calculateur.

Bien sûr, au fur et à mesure de votre expérience, vous serez capable de modifier les paramètres plus finement afin de faire THE photographie, mais chaque chose en son temps 🙂

Aller… Maintenant, vous n’avez plus d’excuses pour lâcher ce p*#!*n de mode auto !

Et puis… parce que !

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